01. Mon entrée dans l’Ordre Intérieur, au bout de neuf années sur les chemins de l’Initiation, m’a poussée à faire le point - pour paraphraser un des émules de Martines de Pasqually, sur ce que j’ai été, sur ce que je suis, et sur ce que j’espère être dans les années à venir. C’est dans cette logique que j'ai conçue mon projet d’Ecuyer Novice, c’est-à-dire en fixant le terme du chemin, les moyens d’y parvenir sans oublier la base existante qui fait ce que je suis aujourd’hui …
02. Deux idées directrices dirigent ma vie, l’une depuis quatre ou cinq ans et l’autre depuis deux ou trois ans :
03. Par la maîtrise de tout mouvement d’orgueil qu’est l’humilité :
- j’essaie de rééquilibrer ce à quoi je suis confronté dans ma vie de tous les jours notamment dans ma vie professionnelle où chacun doit se mettre en avant pour pouvoir progresser, la difficulté étant de ne pas bloquer mon évolution professionnelle mais aussi de ne pas écraser les autres pour assurer mon propre avancement,
- j’essaie aussi de contrôler mon égo pour laisser la place à mon amour pour l’autre à commencer par celui de mon épouse alors que la sociologie contemporaine ne peut que constater l’individualisme ambiant, l’échec d’une majorité de mariages n’étant que le symptôme qui confirme ce constat.
Ainsi, élevé sur un plan spirituel, l’humilité doit me permettre d’orienter mon être de manière à laisser la place au Christ appelé à naître en moi si, et seulement si, ma volonté propre rejoint librement la Sienne.
04. Par le dialogue qu’on appelle prière, que j’avais délaissé pendant une quinzaine d’années et que j’ai repris depuis deux ou trois ans, je tente de rétablir ce que Dieu avait prévu pour l’homme, c’est-à-dire une communication directe avec Lui en vue d’une participation par grâce à la nature divine selon le mot de l’Apôtre Pierre. Cet objectif se traduisant au quotidien par la prière qui me permettra – Dieu voulant, d’atteindre ce que les grecs appellent l’hésychia, paix du cœur. Cette même paix dont parlait aussi Willermoz, dans une lettre au V.M. de la J.P.L. « La Candeur » à l’Oirent de Strasbourg, la décrivant comme étant « cette paix intérieure de l’âme, le plus précieux avantage de l’humanité relativement à son être et à son principe ».
05. A partir de ce constat sur ce qui dans les trois ou quatre dernières années a guidé mes pas sur le chemin de l’Initiation, j’ai eu l’idée du blason suivant :
De sable au pairle d’or surmonté d’un soleil du même. 06. Un champ de sable explicite la première vertu que je me fixe comme préalable de ma démarche spirituelle :
- Le champ est la première couche qui caractérise mon blason. C’est le préalable à toute ma démarche, ainsi on peut comprendre ce premier niveau comme celui où je me situe dans ma vie dans ce monde
- Le champ de mon blason porte le sable comme émail, or cette couleur noire figure l’humilité que j’estime devoir porter dans ce monde si je veux un jour aller plus loin
- Le sable est l’émail qui renonce à briller et réprime ainsi tout mouvement d’orgueil retranchant mon âme loin de la gloire du monde
- Ainsi, le sable est la couleur qui rattache mon être à la mort de l’orgueil sur les pas du Christ qui nous dit Lui-même qu’ il est « humble de cœur » et accepte ainsi de devenir homme, d’être crucifié et de mourir alors qu’il est le Verbe glorieux et immortel de Dieu
- Cependant, il ne faut pas que j’oublie que, contrairement au Christ, ma nature déchue a tendance à être fascinée par ce qui n’est pas Dieu, ce qui n’est pas la vie, c’est-à-dire ce qui est la mort, état symbolisé lui aussi par l’autre facette de la couleur noire.
07. Appuyé sur ce champ de sable, un pairle d’or explicite l’action de prier que je me fixe comme modalité de rétablissement de la communication avec le Créateur :
- Le pairle représente la position de l’orant les bras levés vers le Seigneur (Cf. le « priez sans cesse » de Paul )
- Le pairle rappelle le pallium du prêtre d’un sacerdoce impliquant chaque homme (Cf. le « sacerdoce royal » )
- Le pairle suggère une forme ouverte par le haut prête à accueillir la grâce, ou les énergies déifiantes, qui actualise(nt) l’onction reçue lors du Baptême
- Le pairle est d’or car à chaque fois que je regarderais mon blason il faudra que je visualise l’état auquel chaque chrétien aspire.
- Puisque le christianisme est une école de sainteté et puisque le Christ nous a montré le résultat sur le Mont Thabor : le corps même de l’orant doit être transfiguré, car dès que la communication est rétablie par le biais de la prière, l’Esprit envoyé par le Fils peut être accueilli.
08. Le Christ est figuré en chef sur mon blason par le Soleil de Justice, nouveau Soleil Invincible et vrai Orient :
- Entre l’orant - figuré par le pairle, et le Christ – figuré par le soleil qui est en chef du blason, on retrouve le même axe ascendant que Jean-Baptiste Willermoz propose à l’impétrant dans le quatrième tableau, c'est-à-dire l’axe qui mène saint André de sa croix à la Jérusalem céleste
- Ainsi le Christ, qui est la « lumière du monde », illumine la création dont je fais partie comme le soleil illumine ce blason
- Le Christ illuminera plus particulièrement un jour mon être tout entier un peu comme l’or du soleil déteint sur l’orant qui est ainsi illuminé en portant l’or à son tour
- Cet or qui figure la Lumière incréée, montrée par le Fils sur le Thabor, et déversé sur les hommes le jour de la Pentecôte par l’Esprit divin
- Cet or qui figure aussi la « lumière de la vie » garantira que le sable du champ ne se transforme en un noir mortifère comme signalé ci-dessous
- Ainsi, L’illumination que j’espère sera l’œuvre du Christ, le Verbe de Dieu incarné, par amour et renoncement à Son ego, Qui S’est sacrifié pour chacun d’entre nous et a envoyé Son Esprit-Saint bienfaisant à chacun d’entre nous
09. Le prénom qui précède mon nom dans l’ordre est celui que mes parents m’ont donné lors de mon baptême, c’est-à-dire Georges en français, ou Georgius en latin, qui est le nom
- du saint patron de la ville de Beyrouth où je suis né, et
- celui de l’évêque qui avait baptisé mon père, marié mes parents et qui allait devenir le père spirituel de la famille
- de l’un des deux saints patrons de la Chevalerie qui m’accueillera peut être en son sein
- mais ce prénom est surtout celui de mon saint patron, celui qui m’a été attribué par la Providence lors de mon baptême, celui qui me montre le chemin à suivre :
- la lutte contre l’Ennemi et
- le martyr qui est d’abord témoignage
10. Le nom que j'ai souhaité porter dans l’ordre est celui de Chevalier par la Vallée Sainte – Eques a Valle Sancta, la Vallée Sainte étant un lieu au Liban (Wadi Kadisha ) qui pourrait être comparé à Saint Jacques de Compostelle pour un européen.
- Wadi Kadisha est une vallée du Nord du Liban, elle relie la forêt des « Cèdres du Seigneur » à la Mer Méditerranée
- Wadi Kadisha est le lieu où se réfugièrent des chrétiens orientaux lorsque leur environnement a révélé son hostilité
- Wadi Kadisha est un lieu où beaucoup d’hommes ont atteint l’état de sainteté
- Wadi Kadicha est encore aujourd’hui un lieu où l’on peut rencontrer, si l’on fait ce pèlerinage et que l’on est un peu chanceux, un ermite qui passe sa vie à se rapprocher de Dieu
11. Plus précisément la notion de Vallée Sainte m’aidera dans la mise en œuvre de mon projet spirituel car :
- dans ma démarche je place l’humilité en tant que préalable, la vallée dans son aspect physique me semble être une bonne figure de cette vertu car par opposition à la montagne qui se montre, la vallée peut symboliser l’égo maîtrisé permettant l’entrée en soi
- dans mon rattachement aux saints qui prient et sanctifient cette vallée la rendant sainte, je place, au centre de ma démarche, la prière en tant qu’œuvre de tous les jours où je dois, à l’intérieur de moi-même, me battre contre l’Ennemi et tenter ainsi de rétablir la communication avec Dieu
12. La devise que j’ai choisie est un objectif que je me fixe. Elle se base sur la parole de l’Apôtre qui nous incite à « prier sans cesse » (« sine intermissione orate » )
Ainsi la prière, dialogue avec Dieu, doit être la plus fréquente possible et dans cette optique, chaque acte de notre vie doit être une prière
- C’est le moyen de rétablir la communication et donc la jonction avec Dieu
- La prière permanente serait donc un état de jonction permanente ce que la patristique appelle la « déification » et ce que le martinésisme appelle la « réconciliation »
- … et c’est bien là le but d’une vie spirituelle, but qui n’est pas que théorique, but que je suis appelé à atteindre
- Ainsi ma devise serait « Ora assidue » vue que l’action à laquelle m’incite ma devise sera l’action de prier de la manière la plus assidue possible en vue d’atteindre un jour la prière continuelle et ainsi mettre en œuvre ce que le blason décrit, c'est-à-dire l’accueil en mon être tout entier de la Lumière incréée de Dieu.
13. Ainsi, moi Georgius Eques a Valle Sancta , je fait de mon mieux, et plus avec l’aide de Dieu, pour parvenir à « prier assidûment » (ora assidue) et ainsi rétablir un jour la jonction avec mon Créateur et travailler à la réconciliation de tous les hommes - mes Frères en Christ
14. Pour résumer :
Blason proposé :
Nom d’ordre proposé :
Georgius Eques a Valle SanctaDevise proposée :
« Ora assidue »En la fête de saint Syméon le Nouveau Théologien, 12/03/2004
a Valle sancta